Expérimenter et évaluer

Deux leviers pour assurer pertinence et pérennité aux projets de mobilité solidaire. Comme tout projet, un projet de mobilité solidaire s’inscrit dans une durée plus ou moins longue selon ses objectifs et ses spécificités. Quelle que soit sa durée, deux dimensions sont essentielles : l’expérimentation et l’évaluation. Elles permettent de tester à petite échelle sans mobiliser de budgets trop conséquents, de mesurer rapidement les premiers effets, et d’ajuster, si nécessaire, le dispositif.

L’expérimentation, clé de réussite

Avant de lancer un projet à grande échelle, l’expérimentation est fortement recommandée :

  • Elle permet de tester à petite échelle, assez rapidement et à moindre coût. L’objectif est d’observer si la solution proposée correspond aux besoins des publics cibles, si elle amorce des changements de pratiques et crée de l’appétence. Elle ne nécessite pas nécessairement de disposer d’une solution complètement aboutie, et favorise l’itération.
  • Elle est un format utile qui permet d’apporter un soin particulier à l’échange et au dialogue réguliers avec les publics concernés.
  • Elle permet un pilotage fin et resserré, avec une évaluation au plus près dès le début de l’expérimentation. Elle offre la possibilité de pivoter et réajuster avant de déployer – et financer – à plus grande échelle.

Côté financement, de nombreux leviers peuvent être activés : la rubrique « financer » récapitule les dispositifs existants. L’expérimentation reposant souvent sur la collaboration de plusieurs partenaires, son financement peut également endosser une dimension partenariale.
Autres points clés, le calendrier et la durée. Toute expérimentation a un début et une fin, et doit s’inscrire dans un échéancier suffisant pour laisser au dispositif le temps d’être connu, d’être utilisé et de montrer ses effets. Cette durée dépend bien entendu du type de dispositif testé, mais, en moyenne, il faut compter 6 mois a minima pour obtenir des résultats pertinents.
La clarification des objectifs et la communication sont deux autres points d’attention. Les objectifs doivent être précis et partagés dès le démarrage de l’expérimentation avec l’ensemble de l’équipe projet et des partenaires. Le public doit aussi être informé qu’il s’agit d’une expérimentation, inscrite dans un temps limité, servant des objectifs clairs, et dont le déploiement dépendra des résultats du test.

L’évaluation pour rythmer les projets

Pour apprécier l’efficacité du projet, son impact, et déterminer les éventuels ajustements à opérer, l’évaluation est centrale, et doit faire l’objet d’une intégration dès le début de la démarche.
Le protocole mobilisé pour procéder à cette évaluation doit être partagé avec les parties prenantes, et peut combiner des critères quantitatifs (combien de personnes connaissent la solution proposée, nombre et profil des usagers, nombre d’utilisations, etc.) et qualitatifs (niveau d’appréciation de la solution par les publics cibles, niveau de connaissance par les publics relais, suggestions d’améliorations recueillies, etc.). Il peut aussi être intéressant d’ajouter des indicateurs portant sur les externalités positives, les effets induits découlant du projet : impact sur l’insertion professionnelle des bénéficiaires, progression de leur autonomie, de leur qualité de vie, etc.
Pour procéder à cette évaluation, les porteurs de l’expérimentation peuvent agir de manière autonome – sur la base d’une auto-évaluation – ou bien recourir à des bureaux d’études spécialisés, pour objectiver et approfondir davantage les résultats.